Avertissement : nous parlons ici d’une étagère physique au format A5, avec des JdR en papier. Le PDF c’est autre chose. Avec le PDF c’est sans limite. Ma démarche en tant que TheHardWay porte sur le JdR physique. le PDF : j’en ai des tonnes numériques.
L’épure ! viser l’épure !
La légèreté ! viser la légèreté !
La A5 ! Viser le A5 !
La multiplicité condensée ! Viser la multiplicité condensée !
Je me réduis, je me condense, je suis la compression, je vise la ligne pure du format A5 (avec une ou deux exceptions en A4 -> l’occasion d’une prochaine bafouille). Je suis un rôliste qui essaye de tenir des milliards de mondes, de couleurs, d’esthétismes, de pulsations ludiques, d’ambiances dans un unique carton de déménagement réservé essentiellement au format MOOC.![]()
Je suis la légèreté de la densité d’un imaginaire que je souhaite libre et infini.![]()
Je suis l’étagère rôliste au format A5, l’étagère de la résistance au « trop plein ». Le contre-pied du foisonnement mercantile résumé à un petit rayonnage de systèmes de simulation qui sont autant de portes vers le multivers des possibles rôlistes.
Depuis 4 ans je me réduis, me concentre, me condense, me compresse face à un trop de plein de jeux de rôles. Une accumulation s’irriguant à presque 40 ans d’achats d’ouvrage rôlistes … VF, VO … première édition, seconde édition … intraveineuse financière vers ce marché de niche …
Ce même marché bouillonnant maintenant au dessus de la flamme des financements participatifs. Une richesse créative maintenant scindée en factions classiques et modernes opposant le ludisme pur au rôlisme social et psychanalytique. Le grand écart entre D&D et Dogs in the Vineyard, fort des effluves toujours plus capiteuses des hacks en tout genre et de la pousse anarchique des petits génies indépendants tel des champignons aux pieds des grands arbres mercantiles : mangez du Grumph, du Baker, du Krawford, du Kobayashi, du Islayre, du Toci …![]()
C’est un chaos abondant, une source jaillissante d’imaginaire sous la forme d’une éjaculation financière qui va en s’accélérant. Tout cela en s’entremêlant, forniquant ou s’entrechoquant. ![]()
Après toutes ses longues années à surfer la vague toujours plus puissante du jeux de rôle, à jouer les pieds dans la terre ou la tête dans le cloud, la fatigue du coureur de fin de peloton se fait sentir. ![]()
Face à ce marché en expansion, je croise de plus en plus de déception, ou de sentiments de redite, pire de « déjà-vue ». J’entend le bruissement insistant de querelles de chapelles cherchant à intellectualiser de trop ce loisir.![]()
Puis Il y a mon âge qui compte double : plus le temps et l’énergie de figer des heures entières pour préparer et assurer des maîtrises dans ce monde en perpétuelle renouveau ou le fluff règne de plus en plus en maître, devenant parfois un fleuve des vanités de l’imaginaire qui déconstruit pour mieux reconstruire ce qui a déjà existé.![]()
Il y a finalement ce sentiment de vacuité à posséder des jeux de rôles sans les jouer. Comme posséder des voitures que l’on ne ferait jamais démarrer et ronronner sur la route.
La ligne pure, la ligne ludique, la ligne jouable, la ligne adaptée à ma vie, la ligne qui émule, épouse mon imaginaire sans l’encadrer ; la ligne légère, discrète sur mes étagères, mais source d’un potentiel ludique polyvalent, adaptable et infini.
Alors comme les mails, je dépile ces couches de JdR depuis quelques années. J’arrive à l’os petit à petit. Le fluff rôliste de notre époque ne me fait plus vibrer car j’ai l’impression de l’avoir déjà lu à une autre époque plus ancienne. Les systèmes de simulation commencent à tourner en rond tandis que le phénomène OSR montre bien que l’efficacité a été crée il y a bien longtemps déjà. ![]()
Les nouvelles étoiles sont rares et paraissent bien pâles face à la domination du seigneur de la 5e Edition.![]()
J’ai digéré des centaines de livres de JdR, je suis un organisme JdR, une pensée JdR adaptée jusqu’à mon univers professionnel où j’applique des manœuvres de MJ, les improvisations de management pour résoudre les conflits ou problèmes, la part de ruse mais aussi de chance pour atteindre l’objectif. Et bien entendu, et surtout, la part de ludisme et d’humour incontournable pour ce dire que la VIE est tout de même le plus grand des JdR jamais écrit.
La pensée JdR est devenue une couche psychologique à part entière de ce que je suis tous les jours avec ma famille, mon quotidien, mon environnement professionnel (qui n’est pas exempt de « drama » car je travaille chaque année et plusieurs mois d’affilés avec des centaines de nouveaux visages, de nouvelles problématiques ou psychologies et des collègues que je côtoient tous les jours). ![]()
Cette couche m’a même servie de psychanalyse lorsqu’il y a eu – il y a toujours – des mauvais moments, des difficultés qui perforent votre armure et vous touchent aux tripes ou au cœur. Professionnellement il m’est arrivé, dans des situations de grand conflit, de transposer les antagonistes en PnJs. Ecrire leur feuille de personnage à l’aide de systèmes de règles à la fois simples et assez denses pour accoucher de leur personnalité au travers de leurs avatars rôlistes ; et ainsi mieux les digérer, m’apaiser et mieux les comprendre et jouer avec mes rancœurs jusqu’à en faire des vapeurs rôlistes qui s’effacent à la lumière de solutions ludiques. (Pas clair certainement, mais je me comprend)![]()
Une manière finalement de poser le conflit en dehors de soi, de le coucher sur papier pour l’empêcher de se nourrir de l’intérieur.
Bon, toute cette prose obscure pour dire quoi ? Pour présenter les actuels prétendants de l’étagère A5, du carton de déménagement unique, de ma solution JdR non invasive.
Alors qui a-t-il sur cette étagère physique ?
Whitehack V3 : il reste mon hack préféré des OSR. Avec cette V3, ce jdr est extraordinairement ouvert à tous les personnages, possède des petites mécaniques qui s’adaptent à moult situations et injonctions narratives. Technique, souple et concentré en moins de 132 pages. Je vais l’utiliser pour tous les vieux modules DD, l’ambiance heroic fantasy OSR, de la Science fiction/Space opera, même de l’horreur à la Chill ou celle des grands anciens.![]()
De plus le setting WhiteCurse s’annonce prochainement comme la cerise sur le gâteau.

Index Card Master Edition : on pourrait ce dire qu’il est redondant au WHitehack. Que nenni. Il a un modèle de maîtrise et de ressenti bien à lui ! Hyper simple, modelable à merci. Rapide à mettre en jeu avec des idées brillantes qui colle à ma logique d’épure mécanique. Sans compter les hacks à picorer sans modération (RIFT ! ou le Altered State)

Swade : parce qu’on s’amuse toujours avec et qu’il possède de bon settings ou suppléments, notamment Beast & Barbarians, Seven worlds, le supplément SF. Swade c’est la valeur sûre entre technique, rapidité, crunch, et réglages fins, avec en plus, un peu de carte à jouer. ET sa règle de gestion rapide des conflits fonctionne très bien … pas la peine de se prendre la tête avec un Cortex par exemple (c’est gratuit je sais !)

Fate : autre compagnon de longue date incontournable. Parfait pour tout finalement. J’aime les dés Fate. J’aime la finesse de présentation des personnages et les interactions à la table entre joueurs et MJ. Mon MUST HAVE.

Abstract Dungeon : il est en A5 dans sa VF donc il embarque sur l’étagère. Il propose surtout une approche très originale du déroulement d’une partie. Pas celui que j’utiliserai souvent mais à cheval entre jeu de stratégie et rôle. De plus, le supplément Steampunk est pas mal.

Unbound : oh l’article se prépare pour bientôt. Son format A5 lui permet également de se glisser dans mes choix pour une période d’essai. Il propose surtout et avant tout une approche de création à plusieurs voix intéressante et surtout il se joue avec des cartes à jouer toutes simples. C’est un peu un OVNI et c’est pour cela qu’il accompagne les autres pour le moment. Il faudra voir à l’usage.

Chacun de ses ténors ou outsider propose généralement des suppléments incontournables, ce qui rallonge un peu le linéaire. Mais ce sont les moteurs de simulations qui me conviennent avant tout (avec un ou deux A4).
Avant de conclure j’ai failli oublier ce que l’on peut appeler la salade entre les dents. Les petits jdr A5 de 60 pages max qui tiennent bien la route. Ils sont très peu mais j’ai du mal à les mettre hors du cartons tellement ils savent se faire discret mais efficaces.![]()
Je parle ici :![]()
de Strisca et ses compléments, de Into the Dark, de Coureurs d’Orages et surtout ses compléments, Knave pour ces tables de personnalisation (la V2 arrive), Cursed la version Knave horror.
Voilà c’était TheHardWay et sa tentative de miniaturisation pour soulager son dos lors du prochain déménagement !
