En 2025, j’ai testé plusieurs distributions linux. Dernièrementh j’ai redonné sa chance à Manjaro car je voulais installer un Rolling- release sur mon PC portable Asus 550ld. Mais voilà, Manjaro a ENCORE foiré sur une mise à jour qui a balancé mon Grub à la poubelle. Vraiment, ce n’est pas sérieux pour un rolling qui se veut stable avec des mises à jour testées en profondeur. Ce n’est pas la première fois que Manjaro pêche à ce sujet.
Un peu avant cette déconfiture « Manjarienne », j’avais été bluffé par CachyOS qui tournait comme une horloge sur mon Acer Predator au point de m’accompagner pendant plusieurs mois.
Je me suis alors dit qu’il était temps de tester les deux Rolling ARCH qui, avec CachyOS, forment le triptyque tendance du moment : Endeavors OS et Garuda OS.
Passons rapidement sur Endeavors OS, qui ne m’a pas convaincu plus que ça tout en étant très solide et plutôt facilitante lors de l’installation. Une distribution Arch aisée à installer, avec le minimum pour vous laisser la main sur les réglages. Moi, je préfère le prêt-à-l’emploi !

J’ai donc donné sa chance à GARUDA. Je ne l’avais jamais installée. Je pensais que CachyOS resterait indétrônable car rapide, stable et relativement accessible aux non « archeux ». Il faut cependant noter un couac avec le bureau KDE sur l’asus 550ld : le wifi ne parvenait pas à se caler, alors qu’avec les bureaux Gnome et Xfce, aucun problème. En revanche, CachyOS KDE sur mon Acer Predator a fonctionné à merveille. Bref, je me demandais ce qu’allait me proposer Garuda OS pour tenter de concurrencer la redoutable CachyOS.

J’installe Garuda version XFCE sur l’asus 55Old. Et là, surprise, le charme opère tout de suite, mais pour des raisons différentes de CachyOS. Soyons clair, Cachys OS est deux poils plus véloce dans l’ouverture des applications que Garuda. Nous sommes dans les quelques secondes d’écart, du moins c’est mon ressenti. MaisGaruda contrebalance sa prestation en mettant le paquet sur d’autres critères pour faire mieux – selon mes attentes personnelles – que CachyOS.
Mais en quoi ?
Préambule :
mes attentes visent une distribution « prête-à-l’emploi » dès l’installation.
C’est-à-dire possédant :
- déjà des utilitaires pour manager son système ou faciliter la vie avec le système,
- un environnement plutôt esthétique tout en étant intuitif (fonction du bureau le plus souvent),
- une bonne optimisation (ergonomie à sa main) du bureau,
- une installation facile (c’est le cas pour toutes les distributions maintenant),
- de la sécurité,
- important 1 : une maintenance simple et guidée,
- important 2 : un système de sauvegarde !
- Et si possible, le moins de flatpak/snap à installer pour obtenir les dernières mises à jour.
Point secondaire : si la distribution peut être rapide, c’est encore mieux !
Après cette liste de critères somme toute communs à tout utilisateur lambda et faignant, j’entends les rangs du fond crier Mint ou MX linux comme solution ; et je suis d’accord avec eux. Je dirais même que MX Linux, permettant d’installer via un dépôt de test les applications les plus récentes, gagnerait presque le match avec sa base DEBIAN solide comme le roc.
Néanmoins, quoi de plus « frais » qu’une rolling release (et de moins stable, je sais !) ?. Donc, revenons à Garuda et à ses points forts dans mon paradigme d’utilisateur « pépère ».
- Garuda propose séparément (ISO différenciées) les bureaux linux les plus communs : KDE, Gnome, XFCE, Cosmic, Cinnamon, I3, Sway, Hyprland. Chaque iso est « colorisée » à la Garuda. L’esthétique « Garuda » est vraiment mise en avant pour KDE (2 styles). CachyOS mise uniquement sur KDE tout en offrant les autres bureaux dans un esprit « vanilla », tout comme EndeavorsOS. En revanche, Garuda veut mettre sa patte sur certains bureaux. Le travail de Garuda est très propre sur quasi tous les bureaux que j’ai regardés via une clé USB en live. J’ai choisi XFCE pour ménager les 6 gigas de ram de mon Asus 550ld et KDE sur le Acer Predator (je redonne sa chance à KDE).
Passé l’installation, les bureaux ont belle allure et sont pré-configurés. Les widgets/plugins les plus courants sont là, et l’habillage des bureaux a le mérite d’avoir sa personnalité. Le KDE Mokka avec le thème pastel en vogue Catppuccin est agréable. Le XFCE est plus sobre mais élégant. Cela dit, avec un peu de jus de coude, vous pouvez obtenir la même chose sur CachyOS en copiant les paramètres des bureaux Garuda. Il ne s’agit que de l’intégration de thèmes et de pré-paramétrages propres à chaque bureau. Mais disons que Garuda propose son style bien à lui, là où CachyOS ou Endeavor restent dans l’épure des bureaux à installer. Voyez plutôt le point 2, ci-dessous, pour apprécier une des forces de Garuda sur CachyOS, du moins post-installation. - Certains soulignent que Garuda est « bloated ». C’est-à-dire « gonflé » de logiciels dès l’installation. Pour moi, c’est un point positif.
Garuda propose ainsi de nombreux petits outils dès la sortie de boîte, un peu comme MX ou MINT : créateur de clefs iso, contrôle du grub, des pilotes, des kernels, nettoyeur de disque, interface de maintenance globale, etc.
En revanche, comme d’autres distributions, l’installation d’une suite « office » reste postérieure à l’installation de la distribution. En effet, juste après l’installation de Garuda, un programme de bienvenue lancé automatiquement permet, entre autres, d’installer des applications supplémentaires selon des catégories. On retrouve cela dans MX linux, CachysOS et bien d’autres. Chez Garuda, le choix est très complet avec une catégorie intéressante que je n’ai que peu rencontrée jusqu’à présent : les gestionnaires de paquets incluant Discover et Gnome-shop, mais ne concernant que les flatpaks : Arch oblige. En effet, comme souvent sous Arch, il existe des gestionnaires de paquets adaptés. On retrouve bien entendu Octopi dans la liste, mais aussi Bauh (en Appimage c’est mieux) que je ne connaissais pas et dont la première utilisation m’a bien plu. Je le trouve plus clair qu’Octopi, plus lisible et presque plus ergonomique, mais je crois qu’il n’est plus guère maintenu. À noter que si l’on installe Gnome-shop, le bureau Gnome est installé avec le minimum de fonctionnalités et proposé en session d’ouverture à côté du bureau choisi. Mais comme toujours sous Arch, il faut utiliser de préférence l’interface graphique Pamac ou Octopi : les autres shops étant source soit de conflit, soit limités aux flatpaks et/ou aux snaps. - La customisation du navigateur Firedragon, fork de Floor (le papa étant Firefox) que propose Garuda est très sympa. Garuda met en avant ce navigateur qui, selon moi, gagne à être connu car il reste très sécurisé comme un LibreWolf et propose des fonctionnalités à la Vivaldi/Opéra. À voir cependant sa stabilité sous KDE … (j’ai eu une ou deux fermetures intempestives que je n’ai pas rencontrées sous XFCE)
- Toujours de mon point de vue, autre « game changer » de l’OS, Garuda Rani, qui est le centre de commande de la distribution. Il permet d’actualiser, de gérer le cache, les orphelins, mais aussi d’autres aspects de la distribution. Le tout avec une interface claire, jolie et finalement très complète. Si CachyOS offre, via une interface très sobre, peu ou prou les mêmes fonctionnalités de maintenance, l’interface de Garuda est nettement plus moderne et agréable à utiliser. Elle propose aussi quelques fonctionnalités supplémentaires. De plus, lors des mises à jour, Garuda nous épargne une bonne partie des questions où il faut dire oui ou non. Ce n’est pas le cas (du moins pas encore) avec CachyOS qui demande de garder un œil sur la mise à jour pour pouvoir répondre prestement aux questions.
- Garuda met en avant le dépôt chaotic-AUR pour des installations plus rapides. Ce dépôt partage la communauté, car il pré-compile automatiquement les logiciels AUR, ce qui induit l’absence de supervision et de contrôle de sécurité. En 2025, Chaotic-AUR annonce essayer de renforcer la sécurité de son système avec un filtre de contrôle humain pour certaines « constructions » de logiciels suspectes. La liste des mainteneurs de confiance sera sévèrement contrôlée d’après les développeurs de Chaotic-AUR. Bref, il y a un effort de fait pour répondre aux critiques.
Mais, comme pour quasi toute distribution ARCH, il est possible d’activer ou non d’autres dépôts. On peut par exemple utiliser le dépôt CachyOS. Et inversement pour CachyOS du moment que nous sommes sur des dérivées de ARCH. Rien de bien différenciant ici, si ce n’est que Garuda met plus en avant Chaotic-AUR selon sa philosophie de gain de temps d’installation et d’une certaine stabilité. Cela dit, il est toujours bon de ne pas trop mélanger de nombreux dépôts. - Snapshot inclus. Garuda, comme CachyOS, propose des sauvegardes retroactives si une mise à jour ou une installation pose problème.
- Venons en à la réelle philosophie des deux distributions.
CachyOS vise des performances optimales grâce à ses paquets compilés spécifiques aux processeurs, plusieurs noyaux spécialisés, des réglages pointus, etc. Avec CachyOS l’utilisateur aura certainement une latence plus faible lorsqu’il joue (quoique les derniers tests montrent Garuda devant CachyOS d’un chouilla de FPS) mais surtout une rapidité d’exécution plus élevée sur tout ou partie des applications qu’il utilise au quotidien. L’ouverture des applications est très rapide, que ce soit sous KDE ou Gnome. C’est visible, le ressenti est évident, du moins pour moi sur mes vieux PC portables ( entre 7 et 10 ans).
Garuda propose une autre philosophie que la rapidité et l’efficience de tous les paramètres du PC. La distribution vise la commodité et la facilité de prise en main en fournissant des bureaux configurés avec des outils de jeu préinstallés, des pilotes, des assistants graphiques, et des paramètres par défaut soigneusement choisis qui réduisent le temps de configuration et l’effort de maintenance. L’utilisation du dépôt Chaotic-AUR vise des installations plus rapides avec une large prise en charge des configurations. L’idée-force est donc de permettre à l’utilisateur une utilisation immédiate la plus facilitante possible post-installation (et post-setup).
En résumé, CachyOS est conçu pour les utilisateurs qui veulent de la performance et qui sont plutôt à l’aise avec l’esprit Arch, car cela peut dérailler sur une mise à jour. Personnellement, après quatre mois d’essai quotidien, je n’ai rencontré aucun problème. Une horloge, ce CachyOS !
Garuda, quant à lui, est conçu pour les utilisateurs qui veulent des résultats « en sortie de boîte » sans réglage manuel trop complexe, avec une Arch qui se fait la plus discrète possible, tout en prônant une stabilité dans les mises à jour.


En résumé, les deux distributions sont vraiment au coude à coude. En jeu vidéo, elles présentent un nombre similaire de FPS avec parfois un très léger avantage pour Garuda, mais cela se compte en une poignée de FPS qui ne font pas la différence à moins d’être un joueur pro d’élite. Toutes les deux sont véloces avec un réel avantage pour CachyOS c’est certain, mais là encore on parle d’un différentiel de quelques secondes pour l’ouverture d’une application : mais cela peut vouloir dire beaucoup pour certains. Toutes les deux gèrent bien le CPU et, même si CachyOS optimise votre CPU, je n’ai pas vu de différence notable lors de mes tests (utilisation des outils de surveillance système classiques), hormis la vitesse d’ouverture des applications. Toutes les deux proposent peu ou prou des fonctionnalités de maintenance et de surveillance similaires, avec une meilleure esthétique et ergonomie pour Garuda. Cela dit, je pense que CachyOS va chercher à s’améliorer à ce sujet et va rattraper « l’aigle ».
S’il fallait souligner une différence majeure, je parlerais des dépôts. CachyOS propose son propre dépôt avec une logique d’optimisation du processeur. Rappelons que CachyOS recompile les AUR en cherchant des gains de performance en fonction de trois architectures : x86-64-v3, x86-64-v4 et Zen4+.Et ça marche.
Garuda, avec le dépôt chaotic-AUR qui est considéré comme non officiel, recherche des installations plus rapides mais moins optimisées que CachyOS.
Faire une choix entre les deux Rollings s’avère au final assez simple. Soit, on recherche une certaine optimisation du CPU et donc une meilleure réactivité au clic de souris, notamment à l’ouverture des applications : dans ce cas, c’est CachyOS les yeux fermés. En contrepartie, les forums mettent en garde contre des mises à jour potentiellement sujettes à quelques couacs.
NOTE : personnellement, en trois mois d’usage, je n’ai pas eu un seul incident avec des mises à jour pourtant quotidiennes.
Soit, on recherche un « look optimisé de son bureau » et un confort post-installation, avec, dit-on, une bonne stabilité et une large reconnaissance de matériel : dans ce cas Garuda fera l’affaire.

Alors, qu’est-ce qui m’a fait tester Garuda sur le long terme à la place de CachyOS ?
Je vous l’avoue, c’est Garuda Rani, le centre de contrôle et de maintenance de la distribution, ainsi que certains logiciels préinstallés, qui m’ont fait basculer, pour un temps, sur Garuda après avoir utilisé, je le redis ici, avec bonheur CachyOS sauf sur un point notable. En effet, le seul point « fatiguant » sur CachyOS fut pour moi, lors des mises à jour, de constamment devoir valider chaque étape des mises à jour. Il y a bien entendu une commande qui permet d’automatiser la réponse aux questions. Mais « vanilla », ce n’est pas le cas. Et puis, avec Rani chez Garuda, tout est facilité par une esthétique léchée et une organisation claire et une automatisation des mises à jour.
À vous de voir…

